Mercredi 29 mars 2006
La guerre dura six ans. Ou en tout cas, cela fait six ans qu'elle dure, et nous en voyons enfin le bout. Mon Kalas, la capitale impériale, est tombée il y a huit jours, après deux semaines de bombardements intensifs. A chaque fois qu’une ville tombait, les Quoïtes fuyaient en abandonnant leurs habitations, vers un point qui nous était inconnu. Et pour cause, Mon Vitis n'est sur aucune carte, c'est une ville artificielle, créé il y a quelques années, au début de la guerre, pour la guerre, par la guerre. Mon Vitis... "Le Ciel", dans l'ancienne langue des sages Quoïtes, contre Mon Kalas, "La Terre", abandonnée, dévastée par notre armée. Mon Vitis est une forteresse gigantesque capable d'accueillir une grande partie de la population quoïte. Elle n'a rien à voir avec les autres villes de la planète. La capitale était basse, lourde, composée de gros immeubles massifs et ronds, translucides, les classiques de l'architecture quoïte. A l'inverse, les immeubles de Mon Vitis sont rouge sombre, élancés, pointés vers le ciel, comme les arbres d'une immense forêt brillante de métal. L'immeuble le plus bas mesure un peu moins de cinq cent mètres, le plus haut dépasse le kilomètre. Il y a peu de fenêtres, très espacées, petites et rondes, blindées. Ces immeubles sont sûrement conçus pour être indestructibles, impénétrables, comme des bunkers, peut-être s'enfoncent-ils encore dans le sol.
Beaux Seins, Gros Seins, Jolies Seins, Petits Seins et Mega Seins
Par Fabrice - Publié dans : de-fil-enfil
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Mercredi 8 mars 2006
Mon Vitis est le dernier bastion de l'empire Quoï. Nos forces ont déjà investi toutes les grandes villes de la planète. Bientôt, nous passerons à la phase finale du siège de la ville, nos soldats forceront les défenses extérieures, se déverseront dans les rues comme de l'eau s'échappant d'une digue rompue, impitoyable, inexorable. Puis suivront les blindés, pour forcer les barricades, et investir les points stratégiques. Alors, la victoire sera assurée. Cela ne sera pas long. Mon Vitis tombera avant le coucher du soleil. Moi, je serai loin des combats de rue, mais ma présence sera indispensable. Je suis stratège militaire, le cerveau, dont les milliers de doigts, d'yeux, et de bouches sont autant de soldats, de tanks, d'avions sur le champ de bataille. Le joueur qui déplace les pions sur l'échiquier. L'enfant qui fait avancer ses soldats de plombs. Je ne sais pas vraiment comment je suis arrivé là. A l'université de Renaj, je suivais des études d'architecture et de sociologie, pour devenir urbaniste. Je voulais construire des villes, partir avec un vaisseau-colonie et urbaniser les champs d’astéroïdes. J'avais lu Francis Bacon, Thomas More, j'avais la tête pleine de cités utopiques qui ne demandaient qu'à être érigées. Mais dans notre monde, on n’échappe pas à la guerre, sauf si l'on est enfant, ou vieillard. Ou stratège. Moi, j'ai réalisé que je n'étais plus un enfant, et encore loin d'être un vieillard lorsque j'ai reçu mes papiers militaires, pour partir à la guerre. Dans l'un des formulaires, on me demandait quelles étaient, parmi mes compétences, celles que je pouvais mettre au service de l'armée. Je savais que si l’on ne me trouvait pas de qualité appréciable, je serais muté au rang peu honorable de chair à canon. Mais j'étais jeune, insouciant, idéaliste, amoureux, je pensais comme tout le monde que la guerre ne durerait qu'un an ; j'écrivis : "Urbaniste, peut reconstruire des villes rasées par la guerre." A mon grand étonnement, je fus pris très au sérieux, mais malheureusement pas dans le sens où je l'entendais : je fus nommé stratège militaire, spécialisé dans la prise des villes. Chargé de les détruire.
Beaux Seins, Gros Seins, Jolies Seins, Petits Seins et Mega Seins
Par Fabrice - Publié dans : de-fil-enfil
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Calme. Sentir les longs effluves d'air froid entrer par les narines, et lentement, les faire ressortir, chauffées, par le même chemin. Recommencer, deux, trois fois. Ne pas paniquer. Je serre les poings, toute seule, dans le noir. Ils m'ont enfermée.

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